Entrevue avec le ministre du Travail Marc Spautz : La CGFP revendique une relance du dialogue social
05.01.2026

Ce lundi, la CGFP a rencontré le nouveau ministre du Travail Marc Spautz pour un premier entretien officiel. Le syndicat des agents publics a ainsi eu l'occasion de formuler ses revendications centrales et de mettre les problèmes urgents du service public à l'ordre du jour politique.
La CGFP a clairement indiqué que le dialogue social avait largement échoué l'année dernière et qu'il devait être relancé de manière fondamentale. Le ministre du Travail a confirmé que le rétablissement du dialogue social était l'une des principales priorités du gouvernement. Il a souligné la nécessité d'une coopération constructive.
La CGFP salue cette approche, mais exige que le gouvernement veille à instaurer un climat de négociation respectueux. Les divergences d'opinion sont légitimes, mais les attaques permanentes et injustifiées contre les syndicats, notamment de la part du patronat, ne peuvent être tolérées.
Participation indispensable de la CGFP au CPTE
Le rôle du Comité permanent du travail et de l'emploi (CPTE) a été explicitement évoqué. L'objectif du gouvernement est de rétablir le fonctionnement initial de cet organe, a souligné le ministre du Travail. Il a réaffirmé que les trois syndicats représentatifs au niveau national, dont la CGFP, continueront d'être solidement représentés au sein du CPTE, tout comme dans les discussions bilatérales avec le gouvernement. Pour la CGFP, cela revêt une importance capitale compte tenu du nombre important de salariés dans les établissements publics.
Rejet de la pratique actuelle en matière de création d'établissements publics
La CGFP a critiqué le fait que les accords salariaux négociés avec le gouvernement ne soient toujours pas appliqués dans tous les établissements publics. Les assimilés à la fonction publique sont particulièrement touchés. La CGFP rejette catégoriquement les arguments selon lesquels l'organisation particulière de certains établissements empêcherait la mise en œuvre des mesures adoptées.
La CGFP a également exprimé ses préoccupations concernant l'expansion constante des établissements publics. Leur nombre a presque doublé ces dernières années, ce qui équivaut à une privatisation rampante des tâches de l'État. Au lieu de créer continuellement de nouveaux établissements publics, il faut accorder aux administrations la flexibilité nécessaire.
Aucun progrès dans la procédure de conciliation
La procédure de conciliation engagée par la CGFP le 23 octobre dernier contre les récentes tentatives de privatisation dans le domaine de la santé publique a également été discutée. À ce jour, aucun progrès n'est visible et la commission de conciliation n'a toujours pas fixé de date pour une première réunion. Ce retard est tout simplement inacceptable. La CGFP a également réaffirmé son opposition au projet de loi visant à créer l' »Agence luxembourgeoise des médicaments et produits de santé » (ALMPS), qui ne doit pas être adopté sous sa forme actuelle.
Selon la CGFP, les projets de réforme de la fonction publique ne doivent pas être orientés de manière unilatérale vers des critères économiques privés. La fonction publique dispose de structures, de responsabilités et de contraintes spécifiques qui doivent être prises en compte dans toute décision politique.